Lors de l'épreuve de dimancher dernier, le Tour de l'étang de l'Olivier, à Istres, j'ai eu à subir les remarques de plusieurs personnes, comme quoi 11 km/h en marche nordique, ce n'était pas possible et donc, en conséquence, QUE je devais courir!
Alors, aujourd'hui, dans la colline, j'ai voulu vérifier certains points techniques. [Pour rappel, il y a plusieurs semaines, j'avais déjà édité un article sur le même thème: ici]

J'ai fait plusieurs tests en comptant, sur 2 voire 3 minutes  combien d'appuis je faisais.

Mon GPS m'a fourni également les valeurs de vitesse et de distance; ainsi, j'ai pu calculer mes fréquences de marche ainsi que les longueurs de pas...
à 7 km/h de moyenne (sur 200 m), je pose 123 fois un pied (le droit + le gauche) au sol par minute...pour parcourir 118 m / minute.
longueur d'un pas: 0,96 m
durée d'appui d'un pied: 487 millièmes de seconde, soit deux appuis par seconde environ.
A cette allure, mes bâtons n'ont qu'un rôle tout relatif, un peu d'équilibration mais ils entretiennent un rythme régulier. En fait, ils ne m'aident pas à la propulsion.

 à 9,2 km/h de moyenne (sur 300 m), je fais 150 appuis (droit + gauche) par minute, pour parcourir 153 m / minute....
longueur d'un pas: 1 m, soit 4 cm de mieux qu'à 7 km/h.
durée d'un appui: 400 millièmes de seconde: les bâtons sont vraiment utiles, ils assurent une propulsion efficace. Mais globalement, je ne puise pas encore dans mes limites.


 à 11,7 km/h de moyenne (sur 200 m),  je pose 183 fois un pied pour parcourir 196 m par minute.
longueur d'un pas: 1,07 m soit 7 cm de mieux qu'à 9,2 km/hmuscles-recto-s-.
Là, il faut vraiment s'engager physiquement; l'effort devient conséquent. C'est d'ailleurs autour de cette allure que je fais mes séances de fractionné.
durée d'un appui de pied: 327 millièmes de seconde, soit 3 appuis par seconde environ

On constate que pour accélèrer l'allure, je me dois d'allonger l'amplitude des pas. Ceci est possible en envoyant plus vers l'avant les bras qui jouent un rôle dynamique et rythmique. Pour que je puisse exploiter la poussée plus forte sur les bâtons, je dois bien gainer le bassin et la sangle abdomidale est très sollicitée.
Mais pour aller vite, en marche nordique, il faut pouvoir augmenter nettement la fréquence des pas.

Comme je fais beaucoup plus de pas, et attendu qu'on doit toujours avoir un appui-pied au sol, ça se traduit par une diminution des temps de contact au sol et beaucoup plus d'intensité.
Au lendemain de l'épreuve d'Istres, j'avais des douleurs au niveau des adducteurs (le moyen adducteur) et sur le grand pectiné. C'est pourquoi je n'ai rien fait durant cette semaine.

Pour augmenter cette fréquence, il me faut pousser davantage sur les bâtons en coordonnant parfaitement la poussée avec les gantelets et les déroulés de cheville...on allonge un peu plus les avants-bras dans le sens du déplacement pour créer une dynamique vers l'avant.

Retarder au mieux le moment où le gros orteil cessera son impulsion et faire coincider parfaitement cette impulsion avec la pose du talon...(avec toutefois un temps d'avance du talon par rapport au gros orteil...sinon ce serait de la course, plus de la marche).

Enfin, il est indispensable de bien gainer le bassin (avec les muscles abdominaux); le bassin assure ainsi une bonne liaison entre la souplesse des épaules (légère rotation en fin de poussée de bâton) et la souplesse de jambes...le regard bien droit, afin d'anticiper sur la nature du sol et pour maintenir la colonne vertébrale bien droite...

Pour illustrer cet article, ici, une vidéo d'une compétition en Allemagne, qui date de 2010. L'allure et la rythmique des premiers concurrents sont impressionnants...j'estime qu'ils progressent à 10 -11 km/h.
Certes, certains penseront que ceci n'est pas de la marche nordique, à la française (!!!), oserai-je dire.
Pourtant, les juges officiels allemands ne semblent pas désavouer ces marcheurs qui repoussent assez loin (reconnaissons-le)  les limites de la gestuelle. Tout repose dans les principes de base du marcheur nordique: toujours un pied et un bâton en appui au sol et pas de déhanchement du style marche athlétique.

Deutsche Meisterschaft Nordic Walking_Lauf Teil2.mov