Samedi 17 novembre.

Une fois n'est pas coutume, je dors bien sans doute parce que cette course a lieu en fin de journée, à 17h30...Au programme de la matinée, du bricolage. Je m'active menu-menu histoire de ne pas consommer trop d'énergie. Un repas léger à midi, une 1/2 h de sieste...va falloir se mettre à préparer les affaires.

pan euro1J'adooore ces moments où l'on s'organise et lorsqu'on remplit le sac de sport...Cette légère tension intérieure qui croît lorsqu'on se demande si on n'a pas oublié quelque chose...Les lampes frontales...ça pourrait être utile ce soir? Les jambières de compression, pourquoi pas. Gants et bonnet bien sur!
 
Quel temps fera-t-il pendant la course? Le Luberon peut connaître des variations radicales de températures ...nous courrons à une altitude comprise entre 700 et 900 m...Là-haut, on va peut-être se peler...France-Météo n'annonce pas beaucoup de vent, mais il pourrait pleuvoir...avec le froid, qui sait, ...du grésil?

Bien tout conditionner dans les valises de la moto...fort heureusement, la Pan european sait être très accueillante...
Une belle ballade en direction de Bonnieux...chemin faisant, je croise les voitures bigarrées des concurrents du rallye auto du Mistral...Dans les gorges de Lourmarin, je croise plusieurs motards qui envoient fort...je suis certain que le premier d'entre eux se déhanchaCIMG1300 compit à tel point que son genou prenait appui sur le bitume...impressionnant!
Sur la ligne de départ, l'ambiance est bonne enfant...à côté de moi, il y a un ami, Paul Michel, qui fera une superbe course (16 ième au scratch!), un peu plus loin l'équipe décathlon Vitrolles (Eric and co)...
Le départ est rapide...la présence des coureurs "duo" qui ne feront que la première partie du parcours dynamise le peloton...je distingue la silhouette de Paul, mais dès la première montée et le single dans le verger des cerisiers, je ne le verrai plus...les premières montées s'enchaînent rapidement, on marche le plus vite possible et les petites foulées reprennent dès que possible...je lorgne sur la montre cardio...essayer tant que possible de rester en dessous du seuil des 170...Pour l'instant, j'ai réduit la puissance de ma nouvelle lampe frontale, la Ferei HL08. C'est ce modèle que l'on m'a conseillé à Endurance Shop Aix. Très bon rapport qualité prix (<60€), légèreté (<190 g), puissance (220 lumens en mode boost).
Nous passons à proximité de la Tour Philippe, noyée dans le noir...ensuite il y a la première longue descente caillouteuse...J'allume une seconde lampe d'appoint que je tiens à la main. C'est une PETZL, modèle Myo XP.
Un peu moins puissante (140 lumens), plus lourde aussi. mais avec les deux lampes, à pleine puissance, l'éclairage est parfait et je rattrape plusieurs coureurs.
Dans le long faux-plat avant la route des crêtes (km9), l'ambiance est extraordinaire...au loin, sur la droite, je distingue les lucioles des concurrents qui ont 30 min de retard sur nous...à gauche, dans le lointain, la frange lumineuse des agglomérations de l'Etang de Berre...Un chien hurle au fond du vallon... je voudrais que ces instants durent longtemps...mais, nous sommes en course, et il y a une belle bagarre...Je tire avec moi 4/5 coureurs...je voudrais pouvoir tenir l'allure...personne ne passe, est-ce bon signe? ...Mais l'effort est usant. Brusquement, et bêtement, je me vautre sur une piste sans difficulté aucune et chute lourdement sur le genou...qui me fera souffrir tout le reste de l'épreuve.

Km 10,5, c'est le ravitaillement et aussi la zone de relais...je passe en 62 minutes...C'est bien car il y avait 500 m de dénivelé. Je ne m'arrète pas, mais en profite pour croquer 2 comprimés de sporténine ainsi qu'un gel énergétique...je continue à bien m'hydrater. Descente par le sentier découverte...éclairage plein pot, je double plusieurs coureurs, sans forcer vraiCIMG1306 compment. Toutefois, la chute d'un coureur devant moi  me fait redoubler de vigilance...je crains tout particulièrement l'entorse et ses conséquences pour la saison hivernale...Je pense à tout moment à adopter une foulée haute et à bien relever la pointe des pieds avant de prendre l'impulsion... Les ligaments releveurs du pied me feront mal pendant 48h!

La fatigue commence à gagner et dans les zones de transition qui suivent (vallon du Gros Ubac et Combe du Sautadou), relativement roulantes, je plafonne à 12,5 / 13 km/h...3/4 coureurs me doublent...Heureusement, je reviens sur eux dans les sections de montée raide...Mais la fatigue et les contractures musculaires sont de plus en plus fréquentes.

Avant d'aborder la dernière montée que je sais très exigeante, il y a ce long faux-plat difficile vallon de Valbigonce...je progresse à petites foulées...j'ai le sentiment de me traîner, mais je reviens sur quelques coureurs tout aussi fatigués que moi...
Ensuite, je sais qu'il ne reste que 4,5 km (je viens de mettre 1h06 pour les 10 derniers km (avec 400 m de dénivelé). Je reprends un tube énergétique et bois très régulièrement.

Mais je vais mettre ~28 min pour atteindre l'arrivée, cette dernière partie sera le théâtre d'une douloureuse lutte contre les crampes qui paralysent les quadriceps...Moralement, je me bats également contre moi-même...
Qu'importe si l'allure faiblit, ne pas s'arrêter, progresser, encore et toujours. Je double 2 coureurs encore plus perclus de crampes que moi...
Je pense que le fait de courir de nuit, sur des terrains assez techniques génère des crispations supplémentaires que certains vont payer cash!...mes éclairages faiblissent eux aussi...comme quoi ces lampes frontales ne sont pas aussi endurantes que l'on voudrait nous faire croire...mais avec les deux réunies, j'y vois suffisamment pour me relâcher et développer des foulées souples. La dernière descente sera plus rapide que prévue. Enfin, j'arrive en bordure du terrain de camping, c'est fini des sections délicates...restent encore deux montées, dont la dernière, ultime espièglerie sportive des organisateurs dont je veux ici saluer tout le travail accompli pour que le balisage soit parfait. Merci également pour l'accueil des coureurs, la soupe chaude ravigotante, l'affichage rapide des résultats.

48 ième au général, 5ième V2H en 2h39...
Le premier V2 est arrivé 11 minutes avant moi, soit un écart de 0,7 km/h...pour tenter de combler cet écart, il va falloir que je repousse l'arrivée des crampes et aussi que j'améliore mon endurance dans les liaisons roulantes.
Mais au delà des résultats, des statistiques, de ces projections prétentieuses, saluons ceux qui nous ont permis de vivre une merveilleuse aventure!